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Mot clef - capitalisme

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lundi, 28 juin 2010

Livres - articles

L'Amérique de Rohatyn

 Stiglitz, Chomsky, de Waal et maintenant Rohatyn, les voix et voies d'une analyse critique et constructive de nos sociétés modernes aux contours mondialisés semblent émaner plus d'Outre-Atlantique que de la vieille Europe. Parce que l'explosion du système financier est partie des Etats-Unis ou parce que les intellectuels y sont moins léthargiques ? Qui sait ?

Rohatyn comme de Waal a des racines européennes fortes. Frans de Waal est néerlandais, a épousé une Française et enseigne aux Etats-Unis. Il a souvent fait remarquer que cette particularité — vivre à cheval sur trois cultures — lui donne une certaine vision du monde qui induit une analyse plus féconde des événements. Pour cet éthologiste renommé, elle éclaire plus subtilement les comportements des individus dans les sociétés animales et humaines. (Voir notre billet sur son dernier ouvrage).

Né en 1928, Félix Rohatyn est lui, issu d'une famille viennoise — un grand-père banquier, un père brasseur — s'installant en France en 1934. Il fait ses études secondaires à Paris. En 1940 la famille fuit la France pour le Portugal et bientôt l'Amérique et la très européenne New-York. Naturalisé américain, il intègre la banque Lazard Frères dont il deviendra associé puis directeur de la branche américaine avant de devenir ambassadeur des Etats-Unis en France en 1997 sous la présidence Bill Clinton dont il est proche. Il reprendra en 2001 sa carrière de conseiller des banques d'affaires par le truchement de sa propre structure Rohatyn Associates. Et cette "légende de Wall Street", un des pilier de la banque Lazard pendant près de 50 ans a réintégré cette dernière en janvier 2010 comme conseiller spécial de son P.d.g.
Très francophile (deux de ses fils vivent d'ailleurs en France), Félix Rohatyn est celui qui a sauvé New-York de la faillite dans les années 1970 en restructurant la dette et jugulant la crise financière de la Ville. Keynésien jusqu'au bout des ongles, il se prononce pour une intervention active de l'État dans l'économie.

Cet humaniste avoué a aussi dirigé pendant dix-huit ans le bureau d'aide sociale de la Ville de New York de 1975 à 1993 et avant de lui proposer le poste d'ambassadeur Bill Clinton le voulait vice-président de la FED5. Sa candidature fut refusée par les sénateurs républicains qui le jugeaient trop social !

Dans son dernier ouvrage qui vient de sortir en France "Ces hommes qui ont fait l'Amérique", il nous rappelle  avec l'assurance de sa longue et brillante expérience personnelle par dix exemples de choix dans l'histoire de l'Amérique que, contrairement à ce que proclament aujourd'hui de nombreux idéologues, les investissements publics à grande échelle portent leurs fruits, avec souvent de remarquables résultats à long terme. A l'opposé de la politique à court terme qui prévaut et ne favorise que l'enrichissement de quelques-uns au dépend du reste de la société et nous a mené dans le mur que l'on sait, c'est un homme avec une vraie vision du monde qui vient nous dire que le chemin pris n'est pas inéluctable et qu'il y a des solutions.

Le 31 mai dernier, France Inter recevait Félix Rohatyn. Ecoutez-le :

Nicolas Demorand reçoit dans le 6h30/10h de France Inter, Félix Rohatyn, ancien ambassadeur des États-Unis en France (1997 à 2000) et ancien président de la banque Lazard (31 mai 2010).

POUR EN SAVOIR PLUS

• Article-critique des interviews de Rohatyn sur France Inter sur le site de Marianne2 (mai 2010)
Félix Rohatyn: quand un démocrate américain démythifie la «rupture» Obama

Extrait : Très élogieux sur Obama, l’ancien ambassadeur, ardent partisan de la régulation financière et des investissements publics en temps de crise. n’en demeure pas moins beaucoup plus sceptique sur ses capacités d’action : « je ne sais pas s’il y a beaucoup de choses nouvelles ». Keynésien, favorable à l’intervention de l’Etat, Rohatyn estime ainsi que la politique américaine actuelle reste complètement dominée par son aile libérale et « farouchement opposée à l’intervention de l’Etat ».

• Article- interview des Echos  (août 2009) :
toujours intéressant de relire des propos passés à la lumière du présent. Voir aussi en ce sens article à la suite concernant la nouvelle réglementation financière inaugurée aux Etats-Unis en ce mois de juin 2010
Felix Rohatyn : " La finance est devenue un danger public "


• Article sur le blog de Georges Ugeux (27 juin 2010)
Wall Street sous contrôle: une nouvelle ère pour la finance ?

Extrait : La nouvelle règlementation financière des Etats-Unis vient d’aboutir a un accord entre les Sénateurs et les Représentants du Congrès. Depuis les réglementations de 1933 et 1934 à la suite du crash boursier de 1929, c’est à une transformation fondamentale du paysage financier que nous allons assister. Devant l’incapacité des financiers à s’autoréguler, le législateur américain a développé une reglementation d’environ 2000 pages qui visent l’ensemble des aspects de la finance.

• Dossier « Keynes » sur Alternatives Economiques (31/12/08)
Dossier : Keynes, plus actuel que jamais

Extrait : 62 ans après sa mort, John Maynard Keynes semble aujourd'hui plus actuel que jamais, et pour cause. Sa pensée paraît tout simplement plus pertinente que celle de ses détracteurs pour comprendre les événements récents : la crise financière de 2007/2008 et la récession économique qui a suivi.
Le dossier présente une sélection d'articles consacrés au célèbre économiste, ainsi que quelques-uns de ses propres textes, parus au fil des ans dans Alternatives Economiques.



Le Livre

CES HOMMES QUI ONT FAIT L'AMÉRIQUE
par Félix Rohatyn
Editions Saint-Simon - Prix : 23 € - Nombre de pages : 204
http://www.edsaintsimon.com/livre-detail.php?id=71

dimanche, 14 février 2010

Livres - articles

Face aux crimes du marché !

"Face aux crimes du marché" de William Bourdon, avocat.

Editions de la Découverte, 336 pages, 23 euros

 

(… ) et utopiste sans illusions qui veut faire régner le droit sur tout le globe. Mais sa devise reste celle de Scott Fitzgerald, le plus lucide des vivants : « Ce n’est pas parce que les choses sont désespérées qu’il ne faut pas se décider à les changer ». © Bakchich.info

 Lire l'article de Bakchich Info

A découvrir sans tarder, livre indispensable.

Une interview de William Bourdon par Médiapart :


Engagement de William Bourdon
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