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lundi, 30 mars 2009

Eau

L'avenir de l'eau selon Erik Orsenna

Nous en parlions dans le précédent billet à propos du forum mondial de l'eau. Continuons la conversation : Après Voyage au pays du coton - Petit précis de mondialisation I (Fayard 2006), Erik Orsenna poursuit l'écriture  de ce qu'on pourrait nommer des carnets de bourlingueur, mi-économiste mi-troubadour.
Il offre dans ces pages sa plume-lyre aux scientifiques qu'il interroge pour nous rendre le monde plus intelligible. "L'Avenir de l'eau" ? à cause du coton bien sûr !  son enquête sur la plante la plus gourmande en eau l'a en droite ligne menée vers cette problématique cruciale pour le XXIe siècle.
Vulgarisateur inspiré dans ce 2e "petit précis de mondalisation", Monsieur Orsenna de l'Académie française est l'Albert Londres de l'élément Bleu, reporter promeneur au long cours (5 mois d'enquête sur 2 ans) " un Kerouac transformé en water-trotter" selon la pittoresque expression de l'un de ses lecteurs.
Dans la vaste thématique Eau, il nous avait déjà livré un superbe "Portrait du Gulf Stream". Ici en quelque 400 pages qui se faufilent avec aisance et plaisir entre nos neurores, (ne pas se laisser effrayer par l'épaisseur, le format du livre étant compact et fort ergonomique pour une lecture aisée - merci à l'éditeur), Erik Orsenna impose sa démarche toute en transversalité, faites de fragments, d'éclairages variés sur les multiples facettes de l'eau en maints endroits de la planète.

"Transversalité" ? notre credo ici, alors vous pensez bien qu'on se sent en osmose !

Aux remarques d'un chroniqueur poil à gratter du PAF qui lui reprochait de noyer le poisson sous le brio de son écriture  bref d'être un imposteur, de ne pas avoir fait une somme scientifique, indigeste, comme se doit d'être toute somme scientifique dans l'imaginaire des chroniqueurs mondains, l'académicien sut fermement mais toujours avec le sourire clore le bec !
C'est pour cela qu'on l'aime Erik Orsenna, parce qu'il sait user de son talent comme véritable passeur de savoir, parce qu'il sait montrer le foisonnement d'un monde complexe en nous donnant l'envie de connaître, d'apprendre, d'en savoir plus… en nous donnant l'envie de comprendre.
Non il n'est pas expert mais oui il nous donne les clés de notre monde.
Il crée un dialogue "boule de neige", chaque lecteur peut continuer à tricoter pour son compte, chercher, fouiller, changer ses habitudes, s'améliorer, agir en "connaissance" de cause… La vraie fonction d'un livre en somme : changer un peu le monde où nous vivons !
Et un dialogue qui se continue au fil des jours (au fil de l'eau ?) sur un blog dédié qu'il a imaginé lorsque, au passionné qu'il est, il est resté des pages et des pages ne pouvant plus entrer dans le livre. Et comme le dit un de ses lecteurs : "des écrivains de cette stature qui donnent des pages inédites gratos sur le web, ça ne court pas les rues !"  Merci Monsieur Orsenna.

L'avenir de l'eau
Petit précis de mondialisation II
Erik Orsenna de l'Académie française
Éditions Fayard - 416 pages

lundi, 16 juin 2008

Environnement

Le monde selon Monsanto


Et si l’univers totalitaire imaginé par George Orwell dans « 1984 » n’était pas celui de Big Brother, cette vieille baderne, mais d’un « céréales de Marie-Monique Robin killer » ?
Il faut absolument, pour vous en faire une idée, plonger dans "Le monde selon Monsanto, de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien" (co-édition La Découverte/ Arte Video).
Plus la peine de lire des polars pour avoir des frissons dans le dos, à l’âme. À travers cette enquête au long cours de trois ans sur trois continents, aussi édifiante et rigoureuse que terrifiante, on mesure mieux ce que nous concocte la mondialisation dans son versant  le plus sombre.
“Le monde selon Monsanto“ reconstitue la genèse d’un empire industriel de la chimie (l’agent rouge, défoliant versé sur le Vietnam, tout comme les hormones de croissance bovine interdites en Europe). Un géant de l’agroalimentaire  (maïs transgénique) devenu à coup de pressions et de tentatives de corruption, de collusion avec l’administration américaine, l’un des premiers semenciers de la planète. Oui, il est grand temps d’ouvrir les yeux, de se poser les vraies questions sur les pénuries alimentaires, sur les organismes génétiquement modifiés imposés à la paysannerie indienne, mexicaine, africaine, à la consommation alimentaire mondiale.
Marie-Monique Robin est lauréate du Prix Albert-Londres (1995). Journaliste et réalisatrice, elle a réalisé de nombreux documentaires — couronnés par une dizaine de prix internationaux. Elle est également  l’auteur du DVD éponyme "Le monde selon Monsanto" paru chez Arte Video. Un documentaire exceptionnel.

samedi, 5 janvier 2008

Climat

Comprendre le changement climatique

« Comprendre le changement climatique », sous la direction de Jean-Louis Fellous et Catherine Gautier (éditions Odile Jacob, août 2007)
Sans doute une des meilleures sommes parue sur un sujet devenu incontournable… Qui n’en reste pas moins extrêmement complexe et requiert la collaboration de nombreuses disciplines. Ces communications croisées des meilleurs chercheurs internationaux, comme Jean Jouzel, Richard Sommerville ou Hervé Le Treut, membres du GIEC - Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat -, nous aident à mieux faire la part des données scientifiques mais aussi des incertitudes liées aux données complexes de la modélisation climatique. Un ouvrage passionnant qui répond au double défi de la pédagogie et de la rigueur scientifique.
Un appel à agir, vite et ensemble.

jeudi, 3 janvier 2008

Economie

La nature, combien ça coûte ?

« La nature, combien ça coûte ? » de Frédéric Denhez, collection Changer d’Ere (Delachaux & Niestlé, août 2007)
Journaliste et écrivain scientifiques, Frédéric Denhez aborde avec pertinence une des vraies questions que tout le monde se pose : celle du coût de l’écologie dans l’économie dont elle n’est pas nécessairement l’ennemie. Il montre avec de nombreux exemples à l’appui, que l’économie est indissociable de la nature et que l’on doit au plus vite désormais considérer cette dernière comme un capital à faire fructifier. Réintégrer l’écologie dans l’économie ? Oui, mais à condition de rompre avec certains dogmes en donnant un prix au vivant…en l’intégrant pour partie dans le marché. « L’époque des interrogations est toujours fertile » rappelle l’auteur. « Aujourd’hui, alors que la finitude du monde nous revient à la figure après un demi-siècle de déni, nous sommes contraints de créer une nouvelle façon de vivre sur une planète malade.
Une perspective angoissante ? Loin de là ! Une formidable opportunité de repenser notre développement… »

jeudi, 15 novembre 2007

Environnement

L’Atlas environnement

L’Atlas environnement, analyses et solutions, numéro hors série du Monde Diplomatique
(octobre 2007)

Pour tout savoir sur les défis mondiaux liés à l’environnement à travers une série de thèmes et de schémas et cartes d’une grande clarté expliquant de manière simple ce qui peut menacer la planète, mais aussi ce qui peut la sauver.
Un atlas pédagogique et pas cher (7 euros !), utile dans le débat d’idées pour chiffrer, situer, expliquer.

mardi, 13 novembre 2007

Eau

Quand meurent les grands fleuves

« Quand meurent les grands fleuves » de Fred Pearce (Calmann-Lévy, mai 2006), enquête sur la crise mondiale de l’eau. Cette somme est écrite par un journaliste scientifique anglais dont les rapports sur l’environnement pour les Nations Unies, l’Unesco et la Banque mondiale font autorité. Pearce fait l’hypothèse que l’eau sera au XXIe siècle ce que le pétrole fut au XXe siècle : l’enjeu d’une compétition vitale, féroce même au fur et à mesure de l’inexorable raréfaction de cette ressource essentielle. L’homme consomme en effet plus d’eau douce que la planète ne peut simultanément en fabriquer. Il le fait depuis longtemps avec une inconscience suicidaire qui se traduit aujourd’hui par des sécheresses à répétition préfigurant la grande crise mondiale de l’eau à venir inévitablement. « Rien, pas même les changements climatiques, n’influera autant sur l’avenir de l’humanité au cours du siècle à venir que le devenir des cours d’eau» assure Pearce qui se veut pourtant optimiste malgré un panorama mondial en forme de bilan alarmant : « L’eau est, après tout, LA ressource renouvelable par excellence… »