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lundi, 21 décembre 2009

Sciences

Le pôle en ballon... Jean-Louis Etienne


Jean-Louis Etienne n’a décidément pas perdu le Nord ! le moral, veut-on dire… Après l’accident spectaculaire qui a détruit, en 2008, le dirigeable à bord duquel il devait mesurer l’épaisseur de la banquise arctique, Jean-Louis Etienne, 63 ans, passionné, exigeant toujours, rebondit sur un nouveau rêve, une utopie qu’il concrétise : la traversée du pôle Nord en Ballon, un exploit encore jamais réalisé et programmé pour avril 2010 !
L’expédition Generali Observer sera le dernier acte de la trilogie de ses expéditions au pôle Nord en solitaire. Souvenez-vous en 1986 il avait tiré un traîneau pendant 63 jours pour atteindre le Pôle, puis en 2002 dérivé quatre mois sur la banquise à bord du Polar Observer !

Par cette nouvelle aventure digne de Jules Verne, JLE souhaite « attirer l’attention du monde sur la régression de la banquise et ses conséquences… car la banquise est le meilleur indice de performance des mesures que l’humanité doit engager contre le réchauffement climatique ». Sa disparition engendrerait un chaos climatique à l’échelle planétaire. L’objectif de l’expédition de JLE est d’expliquer le rôle fondamental de la banquise dans l’équilibre climatique de l’hémisphère Nord et à ce titre la faire classer «zone d’intérêt commun» pour l’humanité. Le pôle Nord dispose de ressources en pétrole et en gaz encore inexploitées. « C’est une manne que les états riverains ne vont pas vouloir laisser échapper.  Maintenant, les opinions publiques évoluent et les dirigeants politiques doivent tenir compte du fait que les citoyens sont de plus en plus vigilants en matière de protection de l’environnement. Il s’agit ici de faire pression ! »

Une aventure aux finalités scientifiques…

Aventure +démarche scientifique = 2 pôles magnétiques pour Jean-Louis Étienne ! qu’il fait se rejoindre parce que l’aventure est porteuse de rêve, qu’elle offre un nouveau regard,
notamment en direction des jeunes générations et devient un formidable relais d’une parole scientifique qui a parfois du mal à se faire entendre.
Jean-Louis Étienne, le revendique : il n’est pas un chercheur mais plutôt un « passeur » (notion qui nous est chère ici chez Imaginature). Mais qu’on ne s’y trompe pas, côté scientifique, c’est du costaud cette expédition ! Rendez-vous compte, pour la première fois, un observateur va pouvoir transmettre des mesures instantanées de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère au-dessus de l’océan Glacial Arctique vierge de toutes émissions. Cette série de mesures en continu effectuées pour le Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement – CEA CNRS va être aussi l’occasion de tester dans des conditions extrêmes des sondes miniaturisées : avec en corollaire, de multiples applications technologiques et scientifiques.
Autre données relevées par LJE pour l’Institut de Physique du Globe de Paris et le CEA-LETI de Grenoble : un échantillon précis de mesures du champ magnétique terrestre. On le sait moins, mais le champ magnétique terrestre évolue sans cesse. Le pôle Nord magnétique se déplace ainsi chaque année. Depuis quelques années, sa vitesse de déplacement s’est accrue considérablement pour passer de quelque 10 à 20 km/an à près de 60 à 80 km/an. Cet accroissement de vitesse de déplacement semble coïncider avec un affaiblissement du champ magnétique général. Sans que l’on en connaisse précisément les raisons. Les obversations de JLE permettront peut-être à la communauté scientifique de valider ou d’infirmer certaines hypothèses de travail.

… et pédagogiques

Passeur, on l’a dit, par tout le volet pédagogique qu’il met aussi en place lors de ses expéditions. Cette fois-ci encore l’Education nationale par l’intermédiaire du Centre de recherche et de Documentation Pédagogique de Paris (CRDP de Paris) sera partie prenante. Un programme à vocation européenne, Carboschools, en partenariat avec l’Institut Pierre Simon Laplace (sciences de l’environnement) dirigé par Hervé Le Treut (membre du GIEC et dont on a vous a parlé ici) devrait permettre de mieux comprendre les effets du gaz carbonique sur le réchauffement de la planète. En collaboration avec le Centre National d’Etudes Spatiales (service jeunesse – éducation), le programme Calisphair établira des correspondances entre la vie dans l’espace et les conditions que devra subir Jean-Louis Étienne dans sa nacelle.

Par cette capacité à vivre ses utopies jusqu’au bout, Jean-Louis Etienne est un exemple pour nous montrer qu’on peut agir.

Zinedine Zidane a choisi d’apporter son soutien à cette prochaine expédition de Jean-Louis Etienne,  pour sa dimension pédagogique et son potentiel d'impact, notamment auprès des enfants et des jeunes générations : "Je ne connaissais pas personnellement Jean-Louis Etienne, mais j'avais été frappé par sa traversée du pôle, ce sujet de l'environnement n'est pas si simple à aborder concrètement et il faut continuer à montrer des choses. Cette expédition est intéressante  et je pense qu'elle parlera aux jeunes générations... il faut rester très humble, j'ai bien aimé l'approche de Jean-Louis EtienneIl y a des gens bien plus qualifiés que moi pour parler de l'environnement ! Mais si je peux contribuer à rendre encore plus forte la voix de ceux qui se battent depuis longtemps pour faire bouger les choses... Je suis avant tout père de 4 enfants, et c'est notre génération qui as les moyens de faire..."

à suivre...

Le site de jean-Louis Etienne pour connaître les préparatifs et l'expédition : http://www.jeanlouisetienne.com

Nos précédents billets sur Jean-Louis Etienne : ici et ici

Photos © Jean-Louis Etienne et Generali
texte © Imaginature

mercredi, 6 février 2008

Climat

Vent contraire

Le dirigeable « Total Pôle Airship » de l’explorateur Jean-Louis Etienne ne passera pas par la Lorraine ! Ce dernier devait faire un arrêt en mars 2008 sur la base aérienne de Chambley, en Meurthe-et-Moselle, avant de partir en expédition durant deux mois au Pôle Nord afin de mesurer l’épaisseur de la banquise à partir de ce « plus léger que l’air » spécialement construit en Russie. (Voir notre billet du 28 octobre 2007). Le Conseil Régional de Lorraine avait fait édifier en novembre 2007 pour 1,2 millions d’euros un hangar géant spécialement conçu afin d’accueillir l’aéronef pour les essais en vol.
Pas de chance, Jean-Louis Etienne avait alors préféré la Provence à la Lorraine. Un mauvais choix, semble-t-il. Un violent coup de vent a désamarré et pulvérisé son ballon à hélium contre une maison à Faïence le 22 janvier dernier. Triste fin, même provisoire, pour une expédition scientifique qui a demandé trois ans de préparation. De son côté, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Jean-Pierre Masseret, président du Conseil Régional de Lorraine, assure que des contacts sont pris, notamment aux Etats-Unis, pour accueillir sur Chambley d’autres ballons dirigeables dans le beau hangar vide.
Jean-Louis Etienne, lui, ne jette pas pour autant l’éponge. Ce n’est pas dans sa nature. Après les évaluations des assureurs, il compte bien remettre le projet en marche, avec le soutien et la confiance sans faille de Total, son sponsor. Mais il lui faudra sans doute attendre le début de l’année prochaine pour accomplir la mission scientifique dans les meilleures condtions. D’ici là, Jean-Louis Etienne ne manquera pas d'occupations. Il a, en effet, été nommé, en octobre 2007, directeur général de l’Institut océanographique, Fondation Albert 1er. L’Institut dispose de deux établissements, l’un situé à Paris, l’autre à Monaco. Pour tout savoir : www.oceano.org

dimanche, 28 octobre 2007

Climat

Jean-Louis Etienne : une nouvelle expédition arctique en 2008

Jean-Louis Etienne et son dirigeable à MarseillePhoto @ Imaginature

Renouant avec l’histoire des découvreurs, l’explorateur Jean-Louis Etienne s’apprête à mener une campagne scientifique singulière au printemps 2008. Grâce à un dirigeable spécialement construit en Russie pour ce projet, l’équipe embarquée mesurera l’épaisseur de la banquise au cours d’une traversée aérienne intégrale du pôle Nord. Cette expérience servira de référence pour suivre l’impact climatique du réchauffement de la planète.
« La persévérance est une qualité essentielle pour arriver à ses fins. J’invite tout le monde à suivre la voie de ses rêves, même si c’est parfois difficile. Cela demande quelques sacrifices, mais je veux vivre de mes rêves et de mes folies…» Ce n’est ni le médecin, ni l’explorateur mais l’homme qui parle lorsque Jean-Louis Etienne s’apprête, avec une émotion évidente, à dévoiler officiellement le12 octobre 2007 dans l’un des immenses hangars du Boussiron à l’aéroport de Marseille Provence son nouveau projet d’expédition scientifique polaire à bord d’un dirigeable spécialement construit en Russie. Mais rêver sa vie, Jean-Louis Etienne, né en 1947 dans le Tarn, n’a fait que cela depuis trente ans. Docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux, membre du Comité interministériel de l’Environnement polaire, il a participé depuis trente ans à de nombreuses expéditions qui l’ont conduit en Himmalaya, au Groenland, en Patagonie et dans les régions polaires des hémisphères nord et sud. Il est le premier homme à avoir atteint le pôle Nord en solitaire, tirant lui-même son traineau durant 63 jours. Aller au bout de soi-même et de ses passions, il connait !

La banquise s'amenuise

« Actuellement on observe des records de régression de la surface de l’océan Glacial Arctique » constate Jean-Louis Etienne, à l’unisson avec tous les scientifiques qui se penchent au chevet de la planète. « L’Arctique a changé de couleur, il devient plus capteur du rayonnement solaire d’où un emballement dans la fonte de la banquise ». Un phénomène lourd de conséquences car cet immense océan de glace représente le pôle froid de la terre dans l’hémisphère nord. Il est essentiel pour le climat. Il existe en effet des échanges entre la chaleur constante de l’équateur et des pôles nord et sud. Ils se produisent au niveau des courants océaniques et atmosphériques. La banquise est formée de masses chaotiques composées d’une surface de glace flottante de 2 à 3 m, mais aussi de lames ou quilles pouvant atteindre jusqu’à 30 m de profondeur. « Si elle disparait, cela provoquera inéluctablement une dysharmonie climatique. » Il s’avère important de mesurer l’épaisseur de la glace afin de pouvoir mesurer mieux l’évolution du phénomène. Une opération techniquement complexe.

Total Pôle Airship

Renouant avec l’histoire des grands découvreurs, comme Admussen en 1926 Jean-Louis Etienne survolera l’océan Arctique du Spitzberg jusqu’à l’Alaska en passant par le pôle Nord physique puis magnétique à bord d’un dirigeable gonflé à l’hélium, leTotal Pôle Airship. Cet aéronef de toute dernière génération - dont Nathalie Koskiusco-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, est la marraine - a été spécialement construit dans les ateliers de Ros Aero Systems à Moscou pour l’expédition. Il présente l’avantage de ne pas vibrer en vol. Une caractéristique fondamentale pour répondre aux exigences de l’appareil de mesure embarqué, l’EM Bird. « Il s’agit d’un altimètre laser qui permet l’enregistrement de la distance entre l’appareil et la surface de la banquise grâce à un système de double rayonnement laser. La mesure de la couche inférieure est basée sur le principe de l’induction électromagnétique basse fréquence. La différence entre ces deux valeurs donne l’épaisseur de la banquise survolée. Des données que ne peuvent fournir les observations par satellite. »
L’expédition scientifique Total Pôle Airship s’inscrit dans le cadre de la quatrième année polaire internationale. Elle est soutenue par le ministère de la Recherche en collaboration avec le ministère de l’Education nationale et la Cité des Sciences de la Villette qui rendra compte en direct de l’expédition en partenariat avec Total.
A suivre sur le site de l’expédition : www.jeanlouisetienne.com