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Mot clef - Dirigeable

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mercredi, 6 février 2008

Climat

Vent contraire

Le dirigeable « Total Pôle Airship » de l’explorateur Jean-Louis Etienne ne passera pas par la Lorraine ! Ce dernier devait faire un arrêt en mars 2008 sur la base aérienne de Chambley, en Meurthe-et-Moselle, avant de partir en expédition durant deux mois au Pôle Nord afin de mesurer l’épaisseur de la banquise à partir de ce « plus léger que l’air » spécialement construit en Russie. (Voir notre billet du 28 octobre 2007). Le Conseil Régional de Lorraine avait fait édifier en novembre 2007 pour 1,2 millions d’euros un hangar géant spécialement conçu afin d’accueillir l’aéronef pour les essais en vol.
Pas de chance, Jean-Louis Etienne avait alors préféré la Provence à la Lorraine. Un mauvais choix, semble-t-il. Un violent coup de vent a désamarré et pulvérisé son ballon à hélium contre une maison à Faïence le 22 janvier dernier. Triste fin, même provisoire, pour une expédition scientifique qui a demandé trois ans de préparation. De son côté, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Jean-Pierre Masseret, président du Conseil Régional de Lorraine, assure que des contacts sont pris, notamment aux Etats-Unis, pour accueillir sur Chambley d’autres ballons dirigeables dans le beau hangar vide.
Jean-Louis Etienne, lui, ne jette pas pour autant l’éponge. Ce n’est pas dans sa nature. Après les évaluations des assureurs, il compte bien remettre le projet en marche, avec le soutien et la confiance sans faille de Total, son sponsor. Mais il lui faudra sans doute attendre le début de l’année prochaine pour accomplir la mission scientifique dans les meilleures condtions. D’ici là, Jean-Louis Etienne ne manquera pas d'occupations. Il a, en effet, été nommé, en octobre 2007, directeur général de l’Institut océanographique, Fondation Albert 1er. L’Institut dispose de deux établissements, l’un situé à Paris, l’autre à Monaco. Pour tout savoir : www.oceano.org

dimanche, 28 octobre 2007

Climat

Jean-Louis Etienne : une nouvelle expédition arctique en 2008

Jean-Louis Etienne et son dirigeable à MarseillePhoto @ Imaginature

Renouant avec l’histoire des découvreurs, l’explorateur Jean-Louis Etienne s’apprête à mener une campagne scientifique singulière au printemps 2008. Grâce à un dirigeable spécialement construit en Russie pour ce projet, l’équipe embarquée mesurera l’épaisseur de la banquise au cours d’une traversée aérienne intégrale du pôle Nord. Cette expérience servira de référence pour suivre l’impact climatique du réchauffement de la planète.
« La persévérance est une qualité essentielle pour arriver à ses fins. J’invite tout le monde à suivre la voie de ses rêves, même si c’est parfois difficile. Cela demande quelques sacrifices, mais je veux vivre de mes rêves et de mes folies…» Ce n’est ni le médecin, ni l’explorateur mais l’homme qui parle lorsque Jean-Louis Etienne s’apprête, avec une émotion évidente, à dévoiler officiellement le12 octobre 2007 dans l’un des immenses hangars du Boussiron à l’aéroport de Marseille Provence son nouveau projet d’expédition scientifique polaire à bord d’un dirigeable spécialement construit en Russie. Mais rêver sa vie, Jean-Louis Etienne, né en 1947 dans le Tarn, n’a fait que cela depuis trente ans. Docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux, membre du Comité interministériel de l’Environnement polaire, il a participé depuis trente ans à de nombreuses expéditions qui l’ont conduit en Himmalaya, au Groenland, en Patagonie et dans les régions polaires des hémisphères nord et sud. Il est le premier homme à avoir atteint le pôle Nord en solitaire, tirant lui-même son traineau durant 63 jours. Aller au bout de soi-même et de ses passions, il connait !

La banquise s'amenuise

« Actuellement on observe des records de régression de la surface de l’océan Glacial Arctique » constate Jean-Louis Etienne, à l’unisson avec tous les scientifiques qui se penchent au chevet de la planète. « L’Arctique a changé de couleur, il devient plus capteur du rayonnement solaire d’où un emballement dans la fonte de la banquise ». Un phénomène lourd de conséquences car cet immense océan de glace représente le pôle froid de la terre dans l’hémisphère nord. Il est essentiel pour le climat. Il existe en effet des échanges entre la chaleur constante de l’équateur et des pôles nord et sud. Ils se produisent au niveau des courants océaniques et atmosphériques. La banquise est formée de masses chaotiques composées d’une surface de glace flottante de 2 à 3 m, mais aussi de lames ou quilles pouvant atteindre jusqu’à 30 m de profondeur. « Si elle disparait, cela provoquera inéluctablement une dysharmonie climatique. » Il s’avère important de mesurer l’épaisseur de la glace afin de pouvoir mesurer mieux l’évolution du phénomène. Une opération techniquement complexe.

Total Pôle Airship

Renouant avec l’histoire des grands découvreurs, comme Admussen en 1926 Jean-Louis Etienne survolera l’océan Arctique du Spitzberg jusqu’à l’Alaska en passant par le pôle Nord physique puis magnétique à bord d’un dirigeable gonflé à l’hélium, leTotal Pôle Airship. Cet aéronef de toute dernière génération - dont Nathalie Koskiusco-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, est la marraine - a été spécialement construit dans les ateliers de Ros Aero Systems à Moscou pour l’expédition. Il présente l’avantage de ne pas vibrer en vol. Une caractéristique fondamentale pour répondre aux exigences de l’appareil de mesure embarqué, l’EM Bird. « Il s’agit d’un altimètre laser qui permet l’enregistrement de la distance entre l’appareil et la surface de la banquise grâce à un système de double rayonnement laser. La mesure de la couche inférieure est basée sur le principe de l’induction électromagnétique basse fréquence. La différence entre ces deux valeurs donne l’épaisseur de la banquise survolée. Des données que ne peuvent fournir les observations par satellite. »
L’expédition scientifique Total Pôle Airship s’inscrit dans le cadre de la quatrième année polaire internationale. Elle est soutenue par le ministère de la Recherche en collaboration avec le ministère de l’Education nationale et la Cité des Sciences de la Villette qui rendra compte en direct de l’expédition en partenariat avec Total.
A suivre sur le site de l’expédition : www.jeanlouisetienne.com