Le 5e forum mondial de l'eau  vient de s'achever à Istanbul. La déclaration finale absolument non contraignante pour les états signataires a fait l'impasse sur la reconnaissance d'un "droit humain fondamental à l'accès à l'eau potable et à l'assainissement". Principaux opposants à cette reconnaissance : les Etats-Unis et le Brésil. Peur d'avoir à partager les ressources, peur d'avoir à payer pour les moins nantis… Responsabilité et partage ne semblent pas encore à l'ordre du jour.
Petite lueur néanmoins : une vingtaine de pays poussés par L'Espagne et les délégations latino-américaines ont publié une déclaration séparée où figure cette reconnaissance.
Et vraie rupture par rapport au forum de Mexico en 2006, "le besoin d'atteindre la sécurité hydrique" est affirmé dès le préambule ainsi que l'engagement pour l'économie de la ressource, notamment dans le secteur agricole, qui en est le plus gros consommateur (73% de l'utilisation de l'eau douce). Préserver les écosystèmes aquatiques, lutter contre les pollutions, renforcer les lois sur l'eau, lutter contre la corruption et faire participer le public aux décisions, ces nouveaux engagements font aussi partie de la liste.

L'occasion est toute trouvée pour se plonger ou se replonger dans les 416 pages du "petit précis de mondialisation" d'Erik Orsenna, L'avenir de l'eau, sorti cet hiver.

"Petit" ? épaisseur du propos ! "Précis" ? vaste étendue du thème ! "Mondialisation" ? "somme des réalités locales" !