Alors que les grandes bourses mondiales redoutent les ondes de choc d’un tsunami financier lié aux «subprimes» américaines, Geneviève Ferone nous annonce, telle Cassandre, dans 2030, le krach écologique (Grasset, février 2008),  que nous n’avons encore rien vu comparé à ce qui nous attend en réalité dans les vingt ans à venir.
Car ce krach là sera à la fois climatique, énergétique, financier, démographique. Et le plus inquiétant, c’est qu’il est déjà irrésistiblement, inéluctablement en marche, même si les actuels dérèglements climatiques ne nous en donnent seulement qu’un avant-goût.
Présidente-fondatrice d’ARESE, première agence française de notation sociale et environnementale des entreprises cotées et aujourd’hui directrice du développement durable du groupe VEOLIA Environnement, Geneviève Ferone aborde le sujet de manière directe, concrète, avec des analyses d’une grande pertinence. Au cœur de son raisonnement, un facteur joue désormais de manière menaçante sa partition contre nous : le temps. Car c’est un fait avéré que le changement climatique et ses conséquences à long terme s’inscrivent de manière quasi irréversible dans un avenir prochain. Tout comme l’on peut programmer à moyen terme l’épuisement de nos richesses fossiles, et en particulier du pétrole, ce moteur de l’industrie et de la consommation qui alimente les enjeux géopolitiques les plus troubles. On est moins certains, malheureusement, d’avoir le temps et la volonté de développer des énergies propres et renouvelables pour le remplacer. Pas plus que l’on ne maîtrise aujourd’hui les conséquences du formidable développement économique des géants de demain que seront la Chine,l’Inde ou bien le Brésil, avec toutes les conséquence que leur irrésistible mais légitime croissance risque d’entraîner.
«La Chine et l’Inde détiennent entre leurs mains l’avenir climatique et énergétique de notre planète» rappelle l’auteur à ceux qui prendraient le risque de l’oublier. Au fond, notre principal ennemi désormais, observe justement Geneviève Ferone, c’est nous-mêmes et notre refus viscéral de nous frotter au réel, de l’assumer. Alors que faire ? Etre concrets, pragmatiques, courageux, imaginatifs malgré tout… et prêts à faire des choix difficiles. Comme de mettre en action un plan Marshall de la sobriété énergétique. Ou d’affronter simultanément, avec lucidité, une quantité d’obstacles à venir, au prix d’un changement individuel et collectif de comportement. Il s’agit rien moins que d’inventer de nouvelles formes de solidarité, en favorisant l’émergence d’une mutation technologique, économique, politique éthique. Avoir foi dans le progrès, mais avant tout dans l’homme !