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mardi, 8 juin 2010

Société

Les conférences de Noam Chomsky à Paris


Capture d'écran d'une page du site du Collège de France concernant l'intervention de Noam Chomsky

Noam Chomsky, 81 ans, linguiste américain mais plus largement penseur politique renommé, professeur émérite au MIT (Massachussetts Institute of Technology),s’est déplacé à Paris pour 3 conférences exceptionnelles.
Le New York Times, peu suspect de complaisance à son égard, dit de lui qu’il est "sans doute l’intellectuel vivant le plus important". Il a révolutionné sa discipline dès les années 50 et la célébrité de cet adepte de la contestation non-violente a dépassé le cercle des linguistes après la guerre du Vietnam.

Conférence au Collège de France

• La conférence donnée au Collège de France le 31 mai, où l’affluence fut à la hauteur de la qualité de l’intervenant et où la fermeture des grilles occasionna une grande déception pour ceux restés sur le seuil, est maintenant disponible en vidéo sur le site du Collège de France. Séance de rattrapage bienvenue ! Petite remarque en passant, vous l’entendrez y citer Stiglitz, prix Nobel d’économie, dont nous vous signalions l’ouvrage "Le Triomphe de la Cupidité" sorti récemment aux Editions LLL (Les Liens qui Libèrent) et qui fait un impressionnant succès en librairie (voir vignette de la couverture présente en colonne gauche).

À l'invitation de l'Assemblée de professeurs, sur proposition de Jacques Bouveresse, Noam Chomsky a donné une conférence sur "Understanding and Interpreting : Language and Beyond", le lundi 31 mai 2010 à 17h au Collège de France.

Résumé :
"Le chemin qui va des données de l’expérience à leur interprétation et, de là, à leur compréhension est complexe. Nous pouvons distinguer plusieurs catégories de problèmes. L’une relève des sciences: perception visuelle, compréhension du langage, etc. Elle conduit à enquêter sur la nature des systèmes cognitifs, sur leur croissance et leur développement chez l’individu, et sur leur évolution au sein de l’espèce. Dans certains domaines, il existe des réponses plausibles ; dans tous, il reste de nombreux mystères. Une autre catégorie de problèmes touche aux affaires humaines et soulève des questions, explorées par Pascal, Orwell et beaucoup d’autres, sur la manière dont les intérêts, les doctrines, les institutions, les relations de pouvoir et d’autres facteurs interfèrent dans ce que nous finissons par croire – ou parfois choisissons de croire – sur le monde, sur la place qui y est la notre, sur nos responsabilités, et sur la manière dont nous les remplissons ou, souvent, ne les remplissons pas."


VOIR LES VIDEOS
sur le site du Collège de France (intervention sectionnée en chapitres)

http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/phi_lan/Colloque_du_28_mai_2010_Ration.jsp
Philosophie du langage et de la connaissance
Colloque du 28 mai 2010. Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russel, Georges Orwell, Noam Chomski. Noam Chomsky - Power-hunger tempered by self-deception

VOIR AUSSI :  titres des chapitres
(les liens vers les autres vidéos sont dans la colonne de droite de la page mentionnée ci-dessus)
• Colloque du 28 mai 2010. Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russel, Georges Orwell, Noam Chomski. Jean-Jacques Rosat - Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d'action
• Colloque du 28 mai 2010. Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russel, Georges Orwell, Noam Chomski. Pascal Engel - La vérité peut-elle survivre à la démocratie ?
• Colloque du 28 mai 2010. Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russel, Georges Orwell, Noam Chomski. Thierry Discepolo - Tout ça n'est pas seulement théorique. Notes sur la pratique d'une ligne éditoriale
• Colloque du 28 mai 2010. Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russel, Georges Orwell, Noam Chomski. Jacques Bouveresse - Bertrand Russell, la science, la démocratie et la poursuite de la vérité
• Colloque du 28 mai 2010. Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russel, Georges Orwell, Noam Chomski. John Newsinger - George Orwell and Democratic Socialism

Conférence à la Mutualité

• Disponible sur le site du Monde diplomatique, organisateur de la rencontre, le texte intégral traduit en français de la conférence donnée à la Mutualité (salle comble aussi et accueil digne d’une star du rock – 3 h d’intervention et séance d’autographes !) le 29 mai et la captation sonore de la conférence. Nous en extrayons ci après le passage concernant l’environnement — mais ne vous privez pas de lire l’ensemble !

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-05-31-Chomsky

lundi 31 mai 2010
Contours de l’ordre mondial. Continuités, changements et défis
L’intervention de Noam Chomsky à Paris
Texte de la conférence donnée par Noam Chomsky au théâtre de la mutualité le samedi 29 mai 2010. La captation sonore des diverses interventions et des questions de la salle est disponible à la fin du texte. Ci-après, extrait :

La destruction de l’environnement

J’ai dit que la prolifération des armes nucléaires est l’un des deux défis qui mettent littéralement en danger la survie de notre espèce. Cette question n’est pas prise en compte malgré l’impressionnante rhétorique déployée. Il en va de même pour la deuxième menace : la destruction de l’environnement. Ce qui se passe aux Etats-Unis est particulièrement important, comme toujours, mais est également très révélateur. Le secteur des entreprises mène une campagne massive de propagande pour que l’opinion publique abandonne ses préoccupations concernant le changement climatique lié aux activités humaines, et avec le plus grand succès puisque cette conviction a baissé et réunit maintenant tout juste un tiers de la population. Les responsables à qui revient cette tâche de propagande, visant à lutter contre cette conviction, savent aussi bien que nous que le « canular progressiste » est bien réel et que les perspectives sont peu réjouissantes (1). Ils s’acquittent en fait du rôle que les institutions leur ont assigné. Dans une économie de marché, ces responsables doivent agir de façon à maximiser les gains à court terme. S’ils ne le font pas, ils seront remplacés par d’autres, qui eux le feront. D’ailleurs, selon le droit anglo-américain des sociétés, il s’agit d’une obligation juridique. Ce qui signifie qu’ils ne doivent pas tenir compte des externalités (l’impact d’une opération à l’extérieur de l’entreprise). Dans ce cas, le sort de l’espèce humaine est une externalité qu’ils doivent écarter dans la mesure où l’économie de marché prévaut. La logique est la même lorsque des directeurs de sociétés financières ne prennent pas en compte le risque systémique, tout en sachant qu’en agissant de la sorte ils provoqueront une crise financière. Dans ce cas, leur comportement n’est pas irrationnel. Ils savent qu’après l’effondrement du château de cartes qu’ils construisent, ils peuvent aller se mettre à l’abri de ce qu’ils appellent l’Etat nourricier, tout en serrant fort leurs livres de Hayek, Friedman et Rand. Il n’existe pas de tels recours lorsque les externalités liées à la destruction de l’environnement sont ignorées. Il n’est pas facile toutefois de surmonter les nécessités institutionnelles. Les deux grandes menaces pesant notre survie demeurent redoutables.

Texte traduit par Thomas Legoupil, Sam Levasseur et Anne Paquette, www.chomsky.fr

(1) Aux Etats-Unis, une partie des climato-septiques présente le réchauffement climatique comme un canular monté par le camp progressiste qui chercherait ainsi à prendre le pouvoir, NDT.

Des liens complémentaires

• Vous trouverez ci-dessous un ensemble de liens vers d’intéressants documents, interviews, analyses pour découvrir ou redécouvrir Chomsky dont la fréquentation est très fructueuse pour l’esprit en ces temps troublés que l’on partage ses idées sur tout ou partie… ou pas !.

1- MAGAZINE LA RECHERCHE (interview exclusive - en kiosque le 24 juin)

• Noam Chomsky a accordé un entretien exclusif à La Recherche. Celui-ci paraîtra dans le prochain numéro, en kiosque le 24 juin.  Sur le site, trois textes présentant différents aspects de la très riche pensée de Chomsky :

- « Théorie linguistique et apprentissage », écrit par Noam Chomsky lui-même en 1971 pour La Recherche.
- « Le programme minimaliste de Chomsky » par Jean-Yves Pollock, professeur à l’Université de Marne la Vallée. 27.05.2010
- « La biolinguistique, une science de convergence » par Lyles Jenkins, du Biolinguistics Institute de Cambridge (Etats-Unis). 27.05.2010

voir ici :
http://www.larecherche.fr/content/actualite-sapiens/article?id=27776

2 - MAGAZINE LES ECHOS

• Une interview de Chomsky sur les site des Echos en août 2009 – analyse de la crise financière
Noam Chomsky : " Il n'y a plus de sentiment d'espoir " [ 18/08/09  ]
Pour Noam Chomsky, professeur au MIT, la financiarisation de l'économie, l'idéologie " fanatique " de l'efficacité des marchés et le pouvoir croissant du secteur financier ont précipité cette crise. Si celle-ci ne lui paraît pas à la même échelle que la Grande Dépression des années 1930, il estime qu'il y avait alors plus d'espoir dans les catégories modestes.  
Voir ici :
http://www.lesechos.fr/info/inter/300370035.htm

4 - CHOMSKY'S WEBS

tout sur Noam Chomsky
http://www.chomsky.fr/

le site officiel de Chomsky – en vo
http://www.chomsky.info/

samedi, 3 avril 2010

Société

Etienne Klein, de l'oxygène plein la tête !


Découvrez un physicien atypique, passionné par l'enseignement et l'écriture, amoureux de la montagne et penseur permanent des relations entre la science et la société.
(universcience-vod, la plateforme vidéo des sciences et des technologies).

http://www.universcience-vod.fr/media/569/etienne-klein--libido-sciendi.html

mercredi, 5 mars 2008

Société

la nouvelle narration du monde de Petrella

Maison d’édition canadienne, Ecosociété possède un catalogue fourni proposant de lire le monde autrement. Les titres en témoignent, qui abordent de nombreux problèmes de géopolitique, de société comme « La violence des villes » « Télé cannibale » ou « Les dérives de l’industrie de la santé ». Nombre d’ouvrages s’intéressent spécifiquement aux questions liées à l’écologie, l’environnement.  Le credo d’Ecosociété : « publier des ouvrages critiques afin de favoriser la réflexion sur une société plus humaine, respectueuse de la biosphère, libre et transparente ».   Beau projet dans lequel s’inscrit la parution récente  de l'ouvrage « Pour une nouvelle narration du monde » de Riccardo Petrella, économiste, politologue et grande figure de l’altermondialisme.
 Réflexion sur « la narration dominante » d’un libéralisme débridé, aux dépens des autres discours et mode de pensée, et d’une subordination du sens aux chiffres, cet essai propose une alternative à la « théologie universelle capitaliste » dominante.  Il s’agit rien moins que d’une réappropriation humaniste de principes fondateurs d’humanité, de solidarité, de paix, de droit à la vie prenant en compte ce bien commun qu’est la Terre. 
Pour Petrella, comme pour Lester Brown, rien ne semble jamais irréversible. En matière de gouvernance mondiale des échanges, la taxe sur les mouvements spéculatifs, dite taxe Tobin fait son chemin dans les esprits. Mais il faut aller plus loin encore et mettre en place également un système de prélèvement sur les produits et services générateurs de nuisance pour l’environnement, afin de financer des programmes de  développement pour les pays les plus pauvres. Il faut aussi multiplier à la base les alternatives citoyennes, changer les modes de comportement et de consommation pour un mieux-vivre ensemble. L’auteur en appelle à une nouvelle forme de gestion collectiviste de bien communs mondiaux que sont l’eau, l’air, l’espace, les forêts, l’éducation, la paix… Il souhaite aussi  le développement d’un mouvement alternatif, pour le moment essoufflé, qui s’appuierait sur un contrat social mondial, de l’avoir - accès aux biens communs et services essentiels - , démocratique, culturel, et favoriserait le développement durable. Un monde où dominerait la primauté d’une société en symbiose avec l’écosystème Terre et qui ne serait enfin plus dominée par la marchandisation de la vie. Une maison d’humanité, comme il le dit si joliment. L’utopie est-elle seulement une chimère ou plutôt, selon le concept platonicien, l’expression légitime d’une cité idéale, le miroir d’un futur possible?

Pour une nouvelle narration du monde
Ricardo Petrella
Editions Ecosociété, 2007

mardi, 12 février 2008

Société

2030 le krach écologique

Alors que les grandes bourses mondiales redoutent les ondes de choc d’un tsunami financier lié aux «subprimes» américaines, Geneviève Ferone nous annonce, telle Cassandre, dans 2030, le krach écologique (Grasset, février 2008),  que nous n’avons encore rien vu comparé à ce qui nous attend en réalité dans les vingt ans à venir.
Car ce krach là sera à la fois climatique, énergétique, financier, démographique. Et le plus inquiétant, c’est qu’il est déjà irrésistiblement, inéluctablement en marche, même si les actuels dérèglements climatiques ne nous en donnent seulement qu’un avant-goût.
Présidente-fondatrice d’ARESE, première agence française de notation sociale et environnementale des entreprises cotées et aujourd’hui directrice du développement durable du groupe VEOLIA Environnement, Geneviève Ferone aborde le sujet de manière directe, concrète, avec des analyses d’une grande pertinence. Au cœur de son raisonnement, un facteur joue désormais de manière menaçante sa partition contre nous : le temps. Car c’est un fait avéré que le changement climatique et ses conséquences à long terme s’inscrivent de manière quasi irréversible dans un avenir prochain. Tout comme l’on peut programmer à moyen terme l’épuisement de nos richesses fossiles, et en particulier du pétrole, ce moteur de l’industrie et de la consommation qui alimente les enjeux géopolitiques les plus troubles. On est moins certains, malheureusement, d’avoir le temps et la volonté de développer des énergies propres et renouvelables pour le remplacer. Pas plus que l’on ne maîtrise aujourd’hui les conséquences du formidable développement économique des géants de demain que seront la Chine,l’Inde ou bien le Brésil, avec toutes les conséquence que leur irrésistible mais légitime croissance risque d’entraîner.
«La Chine et l’Inde détiennent entre leurs mains l’avenir climatique et énergétique de notre planète» rappelle l’auteur à ceux qui prendraient le risque de l’oublier. Au fond, notre principal ennemi désormais, observe justement Geneviève Ferone, c’est nous-mêmes et notre refus viscéral de nous frotter au réel, de l’assumer. Alors que faire ? Etre concrets, pragmatiques, courageux, imaginatifs malgré tout… et prêts à faire des choix difficiles. Comme de mettre en action un plan Marshall de la sobriété énergétique. Ou d’affronter simultanément, avec lucidité, une quantité d’obstacles à venir, au prix d’un changement individuel et collectif de comportement. Il s’agit rien moins que d’inventer de nouvelles formes de solidarité, en favorisant l’émergence d’une mutation technologique, économique, politique éthique. Avoir foi dans le progrès, mais avant tout dans l’homme !

dimanche, 2 décembre 2007

Société

Signons la paix avec la Terre

« Signons la paix avec la Terre » est paru dans la collection « Entretiens du XXIe siècle » sous la direction de Jérôme Bindé aux Editions de l'UNESCO/ Albin Michel en novembre 2007.
Cet ouvrage collectif constitue la troisième anthologie des réflexions présentées lors des « Dialogues du XXIe siècle », cycle d’entretiens organisé par le Bureau de la prospective de l’UNESCO, le 25 novembre 2006 à Paris.
Une quinzaine de participants internationaux se sont réunis autour des thèmes : « Quel avenir pour la planète et pour l’espèce humaine ? » Principaux thèmes développés : « La croissance a-t-elle des limites ? », «De l’eau pour tous ? », « La biodiversité en danger », « Economiser la planète : consommer moins pour vivre mieux ? », « Une nouvelle éthique de la responsabilité : vers un contrat naturel ? »
Ancien secrétaire général de l’ONU, Javier Perez de Cuellar rappelle, en introduction : "Pour la première fois dans son histoire, l’humanité doit prendre des décisions politiques de nature normative et législative concernant sa propre espèce et son propre avenir.  Elle ne peut le faire sans élaborer une éthique du futur…"
Il en appelle également au concept de « société de savoir » qui implique d’investir dans l’éducation pour tous tout au long de la vie, dans la recherche, les nouvelles technologies et le développement des communications de l’information, ainsi que dans des « sociétés apprenantes équitables ».