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vendredi, 3 décembre 2010

Sciences

La science sous les projecteurs

Voici l'animation qui a reçu le prix du public au festival Les chercheurs font leur cinéma 2010, quatrième édition du festival de Très Courts Métrages de Vulgarisation Scientifique Île-de-France. Des jeunes chercheurs d'Île-de-France se transforment en cinéastes et réalisent des courts métrages de quelques minutes pour expliquer au grand public leur sujet de recherche !
Quand un phoque et un manchot discutent de la formation d'eau dense au large des côtes de l'Antarctique...
Réalisation : Maité Lacarra et Ara Arakelian
Production : Doc Up 2010 - durée : 6 min

<h2>Le petit manchot</h2> <p><p>Prix du public au festival <a title="festival les chercheursfont leur cinema" href="http://www.leschercheursfontleurcinema.fr" target="_blank"><em>Les chercheurs font leur cinéma</em></a> 2010.</p> <p><br />Quand un phoque et un manchot discutent de la formation d'eau dense au large des côtes de l'Antarctique...</p></p>

 

Et aussi :
• Un débat passionnant en ligne sur le site d'Universcience (video)
Science et science-fiction, unies pour toujours ?
en 3 parties - durée totale : 32 min
Avec Ursula Bassler, spécialiste de physique des particules, et Roland Lehoucq, astrophysicien.

• L'émission radiophonique Sciences Publiques / France Culture du 15/10/2010 - à réécouter en ligne.
"Comment redonner le goût des sciences aux élèves?"
La disparition de Georges Charpak, prix Nobel de physique en 1992, amène à faire le point sur l'une de ses initiatives les plus fécondes : La main à la pâte, une méthode d'enseignement des sciences en primaire. Tout le monde loue cette approche concrète. Mais la méthode n'est pas encore généralisée en primaire et elle commence à peine à être adaptée au collège. Pour quelles raisons ?

 

Pour mémoire, des lieux de science utiles et agréables à fréquenter :

La Cité des Sciences à Paris
http://www.cite-sciences.fr/

L'émission Continent Sciences sur France Culture (le lundi de 14h à 15h - Durée moyenne : 57 minutes)
http://www.franceculture.com/emission-continent-sciences.html-0

L'émission Sciences Publiques sur France Culture (le vendredi de 14h à 15h - Durée moyenne : 60 minutes)
http://www.franceculture.com/emission-science-publique.html-0

L'excellent blog "En quête de science" http://sciences.blog.lemonde.fr/

Le site Futura-Sciences, et sa rubrique Environnement http://www.futura-sciences.com/fr/environnement/

Les dossiers du site Sagascience du CNRS  http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/saga.htm

lundi, 21 décembre 2009

Sciences

Le pôle en ballon... Jean-Louis Etienne


Jean-Louis Etienne n’a décidément pas perdu le Nord ! le moral, veut-on dire… Après l’accident spectaculaire qui a détruit, en 2008, le dirigeable à bord duquel il devait mesurer l’épaisseur de la banquise arctique, Jean-Louis Etienne, 63 ans, passionné, exigeant toujours, rebondit sur un nouveau rêve, une utopie qu’il concrétise : la traversée du pôle Nord en Ballon, un exploit encore jamais réalisé et programmé pour avril 2010 !
L’expédition Generali Observer sera le dernier acte de la trilogie de ses expéditions au pôle Nord en solitaire. Souvenez-vous en 1986 il avait tiré un traîneau pendant 63 jours pour atteindre le Pôle, puis en 2002 dérivé quatre mois sur la banquise à bord du Polar Observer !

Par cette nouvelle aventure digne de Jules Verne, JLE souhaite « attirer l’attention du monde sur la régression de la banquise et ses conséquences… car la banquise est le meilleur indice de performance des mesures que l’humanité doit engager contre le réchauffement climatique ». Sa disparition engendrerait un chaos climatique à l’échelle planétaire. L’objectif de l’expédition de JLE est d’expliquer le rôle fondamental de la banquise dans l’équilibre climatique de l’hémisphère Nord et à ce titre la faire classer «zone d’intérêt commun» pour l’humanité. Le pôle Nord dispose de ressources en pétrole et en gaz encore inexploitées. « C’est une manne que les états riverains ne vont pas vouloir laisser échapper.  Maintenant, les opinions publiques évoluent et les dirigeants politiques doivent tenir compte du fait que les citoyens sont de plus en plus vigilants en matière de protection de l’environnement. Il s’agit ici de faire pression ! »

Une aventure aux finalités scientifiques…

Aventure +démarche scientifique = 2 pôles magnétiques pour Jean-Louis Étienne ! qu’il fait se rejoindre parce que l’aventure est porteuse de rêve, qu’elle offre un nouveau regard,
notamment en direction des jeunes générations et devient un formidable relais d’une parole scientifique qui a parfois du mal à se faire entendre.
Jean-Louis Étienne, le revendique : il n’est pas un chercheur mais plutôt un « passeur » (notion qui nous est chère ici chez Imaginature). Mais qu’on ne s’y trompe pas, côté scientifique, c’est du costaud cette expédition ! Rendez-vous compte, pour la première fois, un observateur va pouvoir transmettre des mesures instantanées de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère au-dessus de l’océan Glacial Arctique vierge de toutes émissions. Cette série de mesures en continu effectuées pour le Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement – CEA CNRS va être aussi l’occasion de tester dans des conditions extrêmes des sondes miniaturisées : avec en corollaire, de multiples applications technologiques et scientifiques.
Autre données relevées par LJE pour l’Institut de Physique du Globe de Paris et le CEA-LETI de Grenoble : un échantillon précis de mesures du champ magnétique terrestre. On le sait moins, mais le champ magnétique terrestre évolue sans cesse. Le pôle Nord magnétique se déplace ainsi chaque année. Depuis quelques années, sa vitesse de déplacement s’est accrue considérablement pour passer de quelque 10 à 20 km/an à près de 60 à 80 km/an. Cet accroissement de vitesse de déplacement semble coïncider avec un affaiblissement du champ magnétique général. Sans que l’on en connaisse précisément les raisons. Les obversations de JLE permettront peut-être à la communauté scientifique de valider ou d’infirmer certaines hypothèses de travail.

… et pédagogiques

Passeur, on l’a dit, par tout le volet pédagogique qu’il met aussi en place lors de ses expéditions. Cette fois-ci encore l’Education nationale par l’intermédiaire du Centre de recherche et de Documentation Pédagogique de Paris (CRDP de Paris) sera partie prenante. Un programme à vocation européenne, Carboschools, en partenariat avec l’Institut Pierre Simon Laplace (sciences de l’environnement) dirigé par Hervé Le Treut (membre du GIEC et dont on a vous a parlé ici) devrait permettre de mieux comprendre les effets du gaz carbonique sur le réchauffement de la planète. En collaboration avec le Centre National d’Etudes Spatiales (service jeunesse – éducation), le programme Calisphair établira des correspondances entre la vie dans l’espace et les conditions que devra subir Jean-Louis Étienne dans sa nacelle.

Par cette capacité à vivre ses utopies jusqu’au bout, Jean-Louis Etienne est un exemple pour nous montrer qu’on peut agir.

Zinedine Zidane a choisi d’apporter son soutien à cette prochaine expédition de Jean-Louis Etienne,  pour sa dimension pédagogique et son potentiel d'impact, notamment auprès des enfants et des jeunes générations : "Je ne connaissais pas personnellement Jean-Louis Etienne, mais j'avais été frappé par sa traversée du pôle, ce sujet de l'environnement n'est pas si simple à aborder concrètement et il faut continuer à montrer des choses. Cette expédition est intéressante  et je pense qu'elle parlera aux jeunes générations... il faut rester très humble, j'ai bien aimé l'approche de Jean-Louis EtienneIl y a des gens bien plus qualifiés que moi pour parler de l'environnement ! Mais si je peux contribuer à rendre encore plus forte la voix de ceux qui se battent depuis longtemps pour faire bouger les choses... Je suis avant tout père de 4 enfants, et c'est notre génération qui as les moyens de faire..."

à suivre...

Le site de jean-Louis Etienne pour connaître les préparatifs et l'expédition : http://www.jeanlouisetienne.com

Nos précédents billets sur Jean-Louis Etienne : ici et ici

Photos © Jean-Louis Etienne et Generali
texte © Imaginature

mercredi, 30 janvier 2008

Sciences

Après nous le déluge?

"La pratique scientifique a rompu avec une vision cohérente du monde..." s'alarme Jean-Marie Pelt qui a publié en 2006 avec le chercheur en biologie moléculaire Gilles-Eric Séralini Après nous le déluge? (Flammarion/Fayard), ouvrage que l'on peut ranger au rayon des indispensables. Interview de Jean-Marie Pelt :

Le rôle, la responsabilité de la science, les questions de bioéthique sont au cœur de votre ouvrage...
Jean-Marie Pelt. - Avec Gilles-Eric Séralini nous avons voulu nous centrer, à travers ce livre technique et rigoureux, sur un vrai péril : les retombées négatives de la chimie et la nécessité de la sécuriser. On n'additionne jamais tous les facteurs qui provoquent les cancers, comme si c'était un sujet tabou. Pourtant notre environnement est puissamment porteur de molécules pathogènes. L'écotoxicologie, concept créé à l'Institut Européen d'Ecologie dans les années 1970, consistait déjà à alerter sur le danger de répandre les molécules dans la nature sans les tester. A l'époque, tout le monde se moquait de nous lorsque nous avons soulevé, avec Jean-Michel Jouany, le problème de l'amiante. Il provoque pourtant des milliers de cancers par an.
Vous abordez notamment les conséquences inquiétantes des pesticides sur la reproduction humaine...
En effet, on constate une magnifique omerta sur le problème de la stérilité masculine lié aux pesticides. Pourtant elle augmente à toute vitesse: 1% par an, c'est considérable! Cela dérange peut-être l'agrochimie, mais on sait que les pesticides ont des propriétés imitant les hormones femelles, ce qui a tendance à féminiser les garçons, à diminuer le stock de spermatozoïdes.
La science ne va-t-elle pas, pourtant, dans le sens d'une meilleure maîtrise des maladies?
C'est vrai, le XXe siècle aura permis la maîtrise de maladies bactériologiques, mais a généré de nouvelles pathologies liées à la chimie de synthèse et au fait qu'on ne s'est pas posé de question sur l'impact de ces molécules sur la santé, y compris en ce qui concerne les OGM, organismes génétiquement modifiés. Contrairement à la pollution, aux déforestations, aux cyclones dévastateurs, il existe des maux bien plus insidieux, invisibles. Cancers, asthme, allergies, stérilité masculine sont autant de problématiques liées au problème de la chimie...
Voilà pourquoi vous en appelez au bon sens des chercheurs, à une éthique scientifique?
En effet, sur tous les thèmes que nous avons évoqués il n'y a pas de discours audible de la communauté scientifique. Les biologistes n'ont souvent plus cette vision globale que nous pensons avoir. La science vit dans l'urgence et le résultat immédiat. On forge des techniciens, pas des savants. La culture du gène n'a que peu intégré les interactions, or nous disons qu'il existe une véritable écologie du gène, qu'il faut sortir du cocon mono disciplinaire.
Une critique voilée de la thérapie génique?
C'est bien de faire de la thérapie génique, mais avec les transferts de gènes on touche au nœud de la vie. Or, on constate, après vingt ans et des milliards de dollars et d'euros, qu'il n'y a pas de résultats, alors que les thérapies cellulaires, elles, fonctionnent.
Que dire alors des nanotechnologies tant en vogue...
On s'est cassé la figure sur le gène, alors on sort un nouveau lapin du chapeau. Cela pose pourtant d'innombrables problèmes. Voilà encore un domaine qui ne repose pas sur la connaissance des interactions.
Vous en appelez à la création d'une OME, organisation mondiale de l'environnement...
C'est une idée très importante. Il manque une instance par rapport aux problèmes de mise à sac de la biodiversité, et du réchauffement de la planète, de la déforestation, de la désertification. Il existe beaucoup de mouvements, d'organisations, mais sans autorité réelle confirmée par l'ensemble des Etats. Pour l'heure il y a beaucoup de bonnes volontés, mais très peu de moyens. Nous estimons que l'ONU doit être plus forte concernant l'ensemble des problèmes environnementaux. Le projet de création d'une OME, déjà présent au sommet de Johannesbourg, m'est très cher. Il est porteur de l'avenir de la terre pour nos enfants. Il faut que cela se réalise, que nos scientifiques fassent comme les climatologues qui ont réussi à créer une communauté internationale puissante et influente auprès des politiques en matière de réchauffement.
Quelle serait la leçon de votre ouvrage à quatre mains?
Il faut avoir une éthique forte par rapport à un monde économique qui aurait tendance en se mondialisant à se dévoyer. Il faut protéger la santé de tous les humains et donner à nos enfants l'espérance. Il faut que la génération montante des biologistes se sente solidaire des grands enjeux évoqués. Et ne pas oublier que la diversité est la loi absolue de la vie !