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mercredi, 5 mars 2008

Economie

Le plan B, pour un pacte écologique

Pionnier du développement durable, l’agroéconome américain Lester R.Brown est, à 73 ans, une référence écologique à l’échelle planétaire. Mais au-delà du concept de trajectoire d’effondrement actuel de l’écosystème auquel selon lui aucune économie ne peut survivre, il propose une alternative, un « Plan B » à mettre d’urgence en œuvre…
Fruit de la collecte d’informations chiffrées, de statistiques mondiales, de rapports internationaux d’experts recueillis dans son centre de recherche, le Worldwarch Institute de Washington, puis de l’Earth Policy Institute, a depuis bien des années valeur de mètre étalon dans le domaine de  la prospective écologiste. Lester B. Brown n’est pas seulement un statisticien, un économiste libéral, c’est aussi un humaniste. Cassandre ou visionnaire ? Il en appelle en tout cas à une véritable révolution environnementale. Dans son « Plan B », Brown analyse chapitre par chapitre l’état déprimant des lieux. Cela va de l’épuisement annoncé des énergies fossiles en passant par le déficit planétaire à venir en matière de réserve d’eaux douces, l’accélération de la déforestation, l’érosion des sols, la pression du changement climatique, l’accroissement des inégalités et l’augmentation des réfugiés politiques, économiques, environnementaux, la menace du terrorisme…  Bref tout est lié. Tout semble inscrit, écrit pour annoncer le cauchemar annoncé, cet effondrement de civilisation mis en perspective dans l’ouvrage de Jared Diamond « Effondrement : comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie » (Gallimard 2006).
Pour autant, Lester B. Brown n’assiste pas en témoin à l’accélération du chaos planétaire. D’abord parce qu’il a, au long de sa vie, été autant un acteur de l’économie et de l’environnement qu’un témoin. Il a aussi cultivé une vision globale, transversale, qui lui permet d’anticiper des stratégies. C’est ce qu’il propose dans une seconde partie de son ouvrage consacrée à la remise en état de la planète, à la construction d’un autre futur, d’un monde où la question du progrès écologique deviendra centrale.  Cela passe d’abord, au-delà des mots, par une prise de conscience de la gravité et de l’urgence de la situation à laquelle nous sommes confrontés. Les principes, tout le monde les connaît. Ils sont de bon sens : restauration des écosystèmes et ressources naturelles, développement des programmes d’éducation, de santé… Tout cela représente un coût phénoménal, mais demande surtout une volonté politique, une restructuration  de l’économie et la capacité du marché à dire la vérité écologique, à s’inscrire dans la voie vertueuse du respect de l’environnement. Le protocole de Kyoto, tout imparfait qu’il soit montre le chemin à suivre individuellement et collectivement. Les médias ont aussi à faire leur révolution, à faire croître la compréhension, la pédagogie des enjeux et la mobilisation des publics. « Ce que nous avons à faire est faisable ». Il n’existe pas de fatalité, mais seulement des volontés, prévient Brown. À nous de lire, de l’écouter… Et surtout d’agir !

Le plan B
Pour un pacte écologique mondial
Lester R.Brown
Préface de Nicolas Hulot
Calmann-Lévy/ Souffle Court Editions - 2007

jeudi, 3 janvier 2008

Economie

La nature, combien ça coûte ?

« La nature, combien ça coûte ? » de Frédéric Denhez, collection Changer d’Ere (Delachaux & Niestlé, août 2007)
Journaliste et écrivain scientifiques, Frédéric Denhez aborde avec pertinence une des vraies questions que tout le monde se pose : celle du coût de l’écologie dans l’économie dont elle n’est pas nécessairement l’ennemie. Il montre avec de nombreux exemples à l’appui, que l’économie est indissociable de la nature et que l’on doit au plus vite désormais considérer cette dernière comme un capital à faire fructifier. Réintégrer l’écologie dans l’économie ? Oui, mais à condition de rompre avec certains dogmes en donnant un prix au vivant…en l’intégrant pour partie dans le marché. « L’époque des interrogations est toujours fertile » rappelle l’auteur. « Aujourd’hui, alors que la finitude du monde nous revient à la figure après un demi-siècle de déni, nous sommes contraints de créer une nouvelle façon de vivre sur une planète malade.
Une perspective angoissante ? Loin de là ! Une formidable opportunité de repenser notre développement… »

mardi, 23 octobre 2007

Economie

Nathalie et la croissance verte

nathalie kosciusko morizetSecrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet est la marraine du dirigeable de l'expédition Total Pôle Airship dirigée par Jean-Louis Etienne. A l'occasion du baptême de l'aéronef à Marseille vendredi 12 octobre, elle a salué la nomination d'Al Gore comme co-lauréat du prix Nobel de la Paix 2007 avec le GIEC, groupe intergouvernemental d'experts sur le climat. Les travaux de ce groupe de chercheurs sans frontières sur la modélisation du climat sont à l'origine de la prise de conscience de l'impact planétaire catastrophique de nos modes de vie sur notre environnement. N.K.M., qui a l'avantage de savoir parfaitement de quoi elle parle, a profité de l'occasion pour donner un petit coup griffe aux chantres de la décroissance: "Je ne crois pas que l'on s'en sortira avec moins de croissance, mais plutôt avec une économie positive. Les marchés de demain passent par la croissance verte. Et ce sont les nations qui se mobilisent, développent des projets qui seront les gagnantes demain. Je me méfie personnellement des comportements réactionnaires. L'environnement ne doit pas constituer seulement une limite, une contrainte, mais devenir un moteur de compétitivité et de rêve..." Position d'autant plus intéressante qu'elle venait de tacler au sein de son propre gouvernement le rapport de la commission Attali qui propose au contraire une croissance débridée.
Photo © Imaginature