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Eau

Océans, fleuves, rivières, eau douce, mers, lacs, étangs, ruisseaux

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vendredi, 5 novembre 2010

Eau

Bouteilles à la mer


Envoyé Spécial sur France 2 diffusait cette semaine un reportage de Jennifer Deschamps et Jean-Marc Nouck Nouck intitulé "Une bouteille en eau trouble". Deux « effets secondaires » problématiques de nos bouteilles d’eau en PET sont pointés dans ce document : les bouteilles déchets qui polluent les plages, le fond des mers et océans et tuent par ingestion des billes de décomposition oiseaux, poissons et autres organismes marins et par ailleurs l’éventualité d’une contamination des contenus par des éléments toxiques semblent pouvoiry migrer.  Sur ce deuxième point, les preuves tangibles sont encore controversées. Il s’agit de savoir à quel seuil réel des éléments toxiques peuvent être considérés comme toxiques puisqu’actuellement aux seuils des normes en vigueur de la législation ces éléments sont indétectables.

Quant à la pollution générée par la bouteille non recyclée qui se retrouve dans l’environnement marin, celle-ci par contre est bien réelle et bien visible. 

Vous pouvez voir ou revoir ce reportage d'Envoyé Spécial sur cette page du site de France 2

Dans le reportage, on peut découvrir la « Surfrider Foundation Europe » et son action via l’interview de Lionel Mallet bénévole à Marseille et en pleine action sur les plages de la cité phocéenne.
SFE vient tout juste de fêter ses 20 ans. L’association est née à Biarritz dans les années 90 de l’élan d’un petit groupe de surfeurs, dont Tom Curren, triple champion du monde, qui se jetait à l’eau dans le port de Bayonne pour protester contre la pollution de l’Adour.
En 2010, elle est une ONG environnementale active dans 12 pays en Europe, soutenue par 8.000 membres, 1.500 bénévoles et 30.000 sympathisants, encadrés par 40 antennes déployées du Nord de l’Europe (Irlande) à la mer Egée (Grèce) et dispose de 5 laboratoires.

Surfrider Foundation Europe, 20 ans d’action.

Elle a produit et réalisé cette courte video d’animation qui résume de façon symbolique et frappante le propos développé dans le document d’Envoyé Spécial.

<div class="alt"><a target="_blank" href="http://www.universcience.tv/media/2048/la-baleine.html" title="La baleine">La baleine<br/><img src="http://universcience.brainsonic.com/csi-tv/20101025-111000/thumbnail_7.jpg" alt="La baleine" border=0 /></a><br/><p>Un nouveau continent est apparu à la surface du globe, constitué de toutes sortes de déchets imputrescibles. Les animaux marins subissent la négligence des humains... La preuve par l'absurde !</p> <p> </p> <p>Réalisation et production : Surfrider</p> <p> </p></div>

SFE est représentée en permanence à Bruxelles et consultée par les institutions de l’Union européenne. Elle participe au même titre que les autres ONG environnementales d’Europe aux grands débats et négociations autour de la préservation de l’Océan et du littoral : réglementation des plateformes pétrolières offshore, législation ocntraignantes sur déchets aquatiques, qualité de l’eau, urbanisation du littoral et défense des vagues comme patrimoine.
Elle s’est fait connaître en lançant des actions de nettoyages de plage. En 20 ans, se sont des centaines de milliers d’enfants et d’adultes qui ont ramassé des déchets sur la plage et ont été bénéficiés des actions de SFE en matière d’éducation et de sensibilisation autour de l’Océan et du littoral.
Mais ces nettoyages par les bénévoles devenus « Initiatives Océanes », ne sont qu’une petite partie de l’énorme travail entamé par l’ONG. Dans la même journée, un avocat Surfrider portera un dossier auprès d’un Tribunal, un biologiste récupèrera des échantillons d’eau de mer, un écolier passera une heure au Surfrider Campus de Biarritz. Le soir même une antenne se réunira en Suède à Höganäs, pour défendre une vague en danger. Un salarié d’une entreprise n’ira pas à son bureau mais passera la journée en bord de Seine avec Surfrider afin de comprendre l’origine de la pollution de l’eau.

En 2010 , la pétition lancée par SFE contre les macro-déchets recueille près de 50.000 signatures. En France, le Grenelle II de l’environnement intègre enfin l’amendement demandé par SFE introduisant les déchets aquatiques dans les éléments constitutifs de la pollution des eaux marines. Surfrider Foundation Europe a mis en place un lobbyiste à Bruxelles et a créé une plateforme d'usagers européenne pour mieux porter les revendications de protection du milieu littoral (Fédérations sportives, Eurosima, pratiquants, bénévoles)

www.surfrider.eu


lundi, 30 mars 2009

Eau

L'avenir de l'eau selon Erik Orsenna

Nous en parlions dans le précédent billet à propos du forum mondial de l'eau. Continuons la conversation : Après Voyage au pays du coton - Petit précis de mondialisation I (Fayard 2006), Erik Orsenna poursuit l'écriture  de ce qu'on pourrait nommer des carnets de bourlingueur, mi-économiste mi-troubadour.
Il offre dans ces pages sa plume-lyre aux scientifiques qu'il interroge pour nous rendre le monde plus intelligible. "L'Avenir de l'eau" ? à cause du coton bien sûr !  son enquête sur la plante la plus gourmande en eau l'a en droite ligne menée vers cette problématique cruciale pour le XXIe siècle.
Vulgarisateur inspiré dans ce 2e "petit précis de mondalisation", Monsieur Orsenna de l'Académie française est l'Albert Londres de l'élément Bleu, reporter promeneur au long cours (5 mois d'enquête sur 2 ans) " un Kerouac transformé en water-trotter" selon la pittoresque expression de l'un de ses lecteurs.
Dans la vaste thématique Eau, il nous avait déjà livré un superbe "Portrait du Gulf Stream". Ici en quelque 400 pages qui se faufilent avec aisance et plaisir entre nos neurores, (ne pas se laisser effrayer par l'épaisseur, le format du livre étant compact et fort ergonomique pour une lecture aisée - merci à l'éditeur), Erik Orsenna impose sa démarche toute en transversalité, faites de fragments, d'éclairages variés sur les multiples facettes de l'eau en maints endroits de la planète.

"Transversalité" ? notre credo ici, alors vous pensez bien qu'on se sent en osmose !

Aux remarques d'un chroniqueur poil à gratter du PAF qui lui reprochait de noyer le poisson sous le brio de son écriture  bref d'être un imposteur, de ne pas avoir fait une somme scientifique, indigeste, comme se doit d'être toute somme scientifique dans l'imaginaire des chroniqueurs mondains, l'académicien sut fermement mais toujours avec le sourire clore le bec !
C'est pour cela qu'on l'aime Erik Orsenna, parce qu'il sait user de son talent comme véritable passeur de savoir, parce qu'il sait montrer le foisonnement d'un monde complexe en nous donnant l'envie de connaître, d'apprendre, d'en savoir plus… en nous donnant l'envie de comprendre.
Non il n'est pas expert mais oui il nous donne les clés de notre monde.
Il crée un dialogue "boule de neige", chaque lecteur peut continuer à tricoter pour son compte, chercher, fouiller, changer ses habitudes, s'améliorer, agir en "connaissance" de cause… La vraie fonction d'un livre en somme : changer un peu le monde où nous vivons !
Et un dialogue qui se continue au fil des jours (au fil de l'eau ?) sur un blog dédié qu'il a imaginé lorsque, au passionné qu'il est, il est resté des pages et des pages ne pouvant plus entrer dans le livre. Et comme le dit un de ses lecteurs : "des écrivains de cette stature qui donnent des pages inédites gratos sur le web, ça ne court pas les rues !"  Merci Monsieur Orsenna.

L'avenir de l'eau
Petit précis de mondialisation II
Erik Orsenna de l'Académie française
Éditions Fayard - 416 pages

lundi, 23 mars 2009

Eau

Forum mondial de l'eau : le bilan

Le 5e forum mondial de l'eau  vient de s'achever à Istanbul. La déclaration finale absolument non contraignante pour les états signataires a fait l'impasse sur la reconnaissance d'un "droit humain fondamental à l'accès à l'eau potable et à l'assainissement". Principaux opposants à cette reconnaissance : les Etats-Unis et le Brésil. Peur d'avoir à partager les ressources, peur d'avoir à payer pour les moins nantis… Responsabilité et partage ne semblent pas encore à l'ordre du jour.
Petite lueur néanmoins : une vingtaine de pays poussés par L'Espagne et les délégations latino-américaines ont publié une déclaration séparée où figure cette reconnaissance.
Et vraie rupture par rapport au forum de Mexico en 2006, "le besoin d'atteindre la sécurité hydrique" est affirmé dès le préambule ainsi que l'engagement pour l'économie de la ressource, notamment dans le secteur agricole, qui en est le plus gros consommateur (73% de l'utilisation de l'eau douce). Préserver les écosystèmes aquatiques, lutter contre les pollutions, renforcer les lois sur l'eau, lutter contre la corruption et faire participer le public aux décisions, ces nouveaux engagements font aussi partie de la liste.

L'occasion est toute trouvée pour se plonger ou se replonger dans les 416 pages du "petit précis de mondialisation" d'Erik Orsenna, L'avenir de l'eau, sorti cet hiver.

"Petit" ? épaisseur du propos ! "Précis" ? vaste étendue du thème ! "Mondialisation" ? "somme des réalités locales" !

mardi, 13 novembre 2007

Eau

Quand meurent les grands fleuves

« Quand meurent les grands fleuves » de Fred Pearce (Calmann-Lévy, mai 2006), enquête sur la crise mondiale de l’eau. Cette somme est écrite par un journaliste scientifique anglais dont les rapports sur l’environnement pour les Nations Unies, l’Unesco et la Banque mondiale font autorité. Pearce fait l’hypothèse que l’eau sera au XXIe siècle ce que le pétrole fut au XXe siècle : l’enjeu d’une compétition vitale, féroce même au fur et à mesure de l’inexorable raréfaction de cette ressource essentielle. L’homme consomme en effet plus d’eau douce que la planète ne peut simultanément en fabriquer. Il le fait depuis longtemps avec une inconscience suicidaire qui se traduit aujourd’hui par des sécheresses à répétition préfigurant la grande crise mondiale de l’eau à venir inévitablement. « Rien, pas même les changements climatiques, n’influera autant sur l’avenir de l’humanité au cours du siècle à venir que le devenir des cours d’eau» assure Pearce qui se veut pourtant optimiste malgré un panorama mondial en forme de bilan alarmant : « L’eau est, après tout, LA ressource renouvelable par excellence… »